Il est difficile de savoir où commencer pour décrire le Vietnam et le Cambodge, mais j'ai reçu instruction de faire court alors j'essaierai d'être aussi concis que possible ;)
Ces pays riches d'un passé ancien, énigmatique et parfois très mouvementé sont une étape obligée pour les globe-trotters en quête d'aventures que nous sommes. Nous avions peu lu avant de poser pied à terre, et c'est avec une certaine appréhension mais une excitation non dissimulée que nous sortions cœur battant de l'avion qui venait d'atterrir. Pour être honnête je m'attendais à découvrir les petits frères de la Chine, ce fut plus ou moins le cas...
Malgré les informations que l'on avait pu rassembler sur la période Khmers Rouges au Cambodge, l'évidence d'un passé sanglant récent fait facilement perdre pied au visiteur fraîchement débarqué. La "visite" de la prison S21 et celle de ce qu'était il y a encore quelques décennies le plus grand charnier humain que Pol(itical) Pot(ential) ait "construit", décontenance rapidement.
C'est en remontant plus loin dans le passé que l'on comprend le sourire bienveillant des habitants du Cambodge. En effet, bien que l'histoire récente du pays laisse à désirer, ce pays, riche d'une très ancienne civilisation de commerçants, a construit ce que je qualifierai, sans vergogne, de 8ème merveille du monde : Angkor. Ces temples, pour la plupart construits entre le 9ème et le 12ème siècle sont le symbole d'une puissance commerciale sans équivalence dans la région. Le Cambodge, avec son Histoire, ses tuktuk, ses boomboom café et ses enfants mendiants est l'image même d'un pays jadis prospère, transformé en enfer pendant la période de colonisation et de guerre froide, et qui essaie de relever la tête dans cette période de mondialisation et de développement économique que connait le Sud-est asiatique. Patrick en a suffisamment dit pour convaincre le visiteur de se rendre dans ce pays, aussi conclurai-je, pour le Cambodge, en disant qu'il symbolise la puissance en devenir de l'Asie tiers-mondiste.
Nous avions chacun de nous plus d'aprioris pour le Vietnam, fier de nos connaissances cinématographiques concernant le pays (Full Metal Jacket, Platoon, Apocalypse Now ou encore Good Morning Vietnam), nous imaginions le Vietnam comme une copie miniature de la République populaire de Chine, un pays fier de s'être libéré, grâce au communisme, de l'emprise capitaliste-esclavagiste étrangère. Sans caricaturer, et je parle sous le contrôle de mes 2 compagnons, on avait raison...
Je ne m'étendrai pas sur le coté touristique puisque Patrick s'en est chargé, mais je mettrai plutôt en avant les grosses différences de mentalités entre le Sud et le Nord du pays.
En effet, le sud est plus européanisé, sa "capitale" Ho Chi Minh est d'architecture occidentale, avec ses constructions coloniales, les vendeurs ambulants y ont la culture du business "respectueux", on ne crie pas, on discute, les gens y sont gentils et serviables et est bien sur, comme sa grande sœur Hanoi, l'une des capitales asiatiques du scooter.
Le Nord, lui, est plus sauvage, ayant subi la conquête communiste et la dur loi de l'homogénéisation de la société, les gens y sont moins ouvert qu'au sud, préférant percevoir l'étranger comme un moyen de se sortir de la misère plutôt que comme un visiteur venu découvrir les coutumes locales et qu'il faut aider. Le gros point positif a été la baie d'Halong qui ravie par sa beauté les cœurs les plus placides, c'est un spectacle de couleurs qui a du occuper l'imagination de nombre d'artistes, peintres et poètes de l'époque, un tableau vivant des merveilles que la nature peut produire.
Pour conclure, je dirais qu'il faut visiter ces 2 pays, tout en gardant en tête que les différences sont profondes et qu'il vaut mieux s'adapter rapidement aux coutumes qui dominent l'un et l'autre de ces pays. On va au Cambodge pour ses temples et pour faire connaissance avec une culture riche en patrimoine, on va au Vietnam du sud pour se délecter des raffinements de la culture Sud Asiatique et le Vietnam du Nord doit être réservé aux amoureux de la comtemplation.
Pour ma part, je retournerais à Angkor, à Ho Cho Minh et sur la baie d'Halong avec grand plaisir...
A vous de jouer ;)
jeudi 30 juillet 2009
mardi 28 juillet 2009
A glimpse of Southeast Asia
Les temples d’Angkor, symbole de la puissance des kmers au temps de leur apogée, le delta du Mekong, ses marchés flottants et ses ressources innombrables, les rizières à perte de vue, la chaos d’Ho Chi Minh, Hanoi et la baie d’Halong…
Voilà ce à quoi le programme nous destinait. Pourtant, si nous avons réussi à faire ce que nous souhaitions, cela n’a pas été sans surprise, et il nous a souvent été nécessaire de faire des ajustements de dernière minute. Vous allez me dire, là réside l’intérêt de ce type de voyage : un billet d’avion pour un point A, un billet d’avion depuis un point B, un guide Lonely Planet (ou le Routard, c’est selon), et vogue la galère.
Benoit nous est donc (fraichement ?!!) arrivé de Paris un vendredi matin. Après un court repos, une visite rapide au marché aux vêtements (il est arrivé avec une valise vide..) et quelques mesures pour un nouveau costard sur mesure, une soirée à la maison qui se termine ensuite dans différents bars de la ville au petit matin, nous partons pour Phnom Penh samedi en fin de matinée.
L’aventure commence donc. L’arrivée se fait dans un joyeux bordel, tard dans la nuit, alors que nous ne sommes pas encore tout à fait rodés à l’exercice. Une première impression : sourires omniprésents, jeunesse de la population (on ferait presque office de vieux sage) et simplicité. Voulant profiter de notre première nuit, nous partons en recherche d’un coin sympa, et sur les conseils d’un locaux, allons sur la rive est de la capitale. Après une bonne heure de déambulation, nous nous arrêtons dans un bar pour siroter notre première bière et marquer le coup de notre arrivée. Il s’avère que ce bar est un bar « rose ». Mouais… bon, je crois que l’on va aller se coucher, là…
Notre première journée nous permet de comprendre un peu mieux l’histoire récente du Cambodge et la tragédie qu’a traversé ce peuple avec la période Khmers rouges (http://fr.wikipedia.org/wiki/Khmers_rouges), responsables de l’un des plus importants génocides dans l’histoire de l’humanité. Un génocide sous couvert de communisme et de développement de l’homme nouveau, dirigé contre sa propre population (dont 20% n’y survivra pas).
Notre première étape nous emmène au musée national, puis vers Choeung Ek, dénommé Killing Fields, où ont été exécuté des dizaines de milliers de personnes, souvent suite à un passage par la prison de sécurité 21, anciennement Lycée, transformé depuis en musée et dont le nom Cambodgien signifie colline empoisonnée.. Cette dernière visite nous a littéralement glacé le sang, par l’horreur qu’elle décrit et dévoile, au travers du bâtiment lui-même, qui permet déjà de s’imaginer les conditions de vie dans lesquelles étaient parquées les « opposants » au régime (ils suffisaient que ces derniers portent des lunettes pour être considéré comme intellectuels, et donc comme ennemi du « peuple »), mais surtout par les centaines de témoignages rassemblés au musée : famille de prisonnier, gardien, famille de Khmer rouge, et rares survivants (moins d’une dizaine sur environ 20 000 prisonniers). Notre ressenti ? Une espèce de dégout pour la capacité de l’humain à toujours se diversifier dans l’horreur et la torture, l’élimination des éléments « déviants » et l’anéantissement de la pensée. Le pays, 30 ans après la chute du régime, paye encore le prix fort de l’anéantissement de toute une frange de sa population, et notamment ses élites (professeurs, médecins, artistes, scientifiques…). Je ne parle même pas des ravages liés au minage systématique des rizières (les Khmers rouges, à la chute du régime, pensaient pouvoir faire fléchir le nouveau pouvoir en empêchant les riziculteurs de réaliser leur tâche, et en affamant la population qu’ils étaient sensés vouloir représenter).
L’horreur de cette période contraste avec le sourire des cambodgiens. On sent, malgré tout, un optimisme, une joie de vivre assez saisissante, dans la rue, sur les marchés, aux alentours des habitations.
Après cette journée intense dans la capitale, il était temps de faire route vers Angkor, l’ancienne capitale du royaume Khmer.
Comment décrire Angkor sans être réducteur et en quelques lignes ? Angkor, classé au patrimoine de l’humanité, est une démonstration de l’art et de la maîtrise architecturale de l’époque (IXème siècle – XIVème siècle), probablement l’un des complexes les plus édifiants jamais construits par l’homme, comparable aux pyramides d’Egypte, aux temples Incas et Aztèques. Angkor Vat, bien sûr, le plus harmonieux, le plus majestueux, mais aussi Angkor Thom, qui regroupe une multitude de temples tous plus impressionnants les uns que les autres, et qui est entouré par une enceinte haute de 8 mètres, longue de 3km, et large d’autant. Cette enceinte était une véritable ville, ouverte grâce à 4 portes majestueuses gardées chacune par 54 soldats de pierre tenant dans leurs mains un serpent au dessus des douves protégeant l’enceinte. La Bayon, temple fabuleux de 49 tours représentant chacune les 4 vertues du bouddhisme (la sympathie, la pitié, l'humeur égale, l'égalité), ainsi que des scènes de l’histoire du royaume Khmer sur ses bas reliefs encerclant la totalité du temple. Banteay Srei, le plus fin, rendu célèbre notamment par Malraux qui y vola un bas relief. Ta Prohm, laissé plus ou moins à l’état sauvage, avec ses arbres encastré dans la pierre. J’en passe et j’en oublie, le site est constitué de plusieurs dizaines de temples, dont beaucoup sont, malgré le poids des ans, restés en bon état. D’autre sont laissés à l’abandon et permettent donc aux aventuriers en herbe de s’imaginer en Indiana Jones, à travers la végétation et les éboulements de pierre.
Angkor est LA fierté nationale, et on comprend facilement pourquoi. Cette région du monde, aujourd’hui considéré comme une région pauvre, était autrefois un centre rayonnant par sa maitrise architecturale, agricole (l’irrigation), et ses richesses. Elle nous rappelle également qu’une civilisation, malgré sa puissance et son aura, peut disparaître rapidement et sombrer dans l’anonymat (Angkor était perdu dans la jungle jusqu’en 1860, quand une expédition française a permis de retrouver sa trace et de lancer son exploration).
2 jours et demi de visite intense donc, qui se résument difficilement par des mots. Je vous invite à lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor (plus complet en Anglais) pour plus d’information. Je mettrai des photos à mon retour en France (Facebook, Picasa web et blogspot sont bloqués en Chine… J’en profite pour dire merci à Nath!!! C’est elle qui publie gentiment mes articles sur le blog). Notre visite dans la région de Siem Reap se termine par une visite d’un village flottant, qui ressemble plus, selon moi, à une escroquerie organisée par les autorités locales qu’à une véritable visite. Je n’en parlerai donc pas plus, et déconseille à quiconque se rendant au Cambodge de passer par les organismes publics pour réaliser ce type d’expédition. Au cours de ces trois jours, nous en avons profité pour découvrir un peu mieux la culture locale (même si Siem Reap est très tourné vers le tourisme), manger des plats tous plus excellents les uns que les autres : Amok, soupes diverses, sea food… et profiter des fameux oil massage dont vous a parlé Benoit. A ce propos, un moment magique : lorsque l’une de nos masseuses s’est mis à chanter d’une voix douce et légère, un chant traditionnel magnifique qui nous a littéralement transporté. Pocahontas n’aurait pas fait mieux (et oui, j’assume les anachronismes et autres erreurs géographiques).
Nous prenons ensuite un bus de nuit qui nous emmène à Phnom Penh, où nous attendons le jour se lever afin de prendre un nouveau bus, qui nous emmènera à un bateau pour la frontière, qui nous emmènera à un autre bateau, où nous rejoindrons Chao Doc, au Vietnam. Vous suivez ? C’est le fameux moment, où l’on a failli rester coincé au Cambodge, pour cause de passeport en mauvais état. Et d’esprit légèrement échauffé, aussi… Moralité de l’histoire : insulter le douanier qui est seul habilité à vous autoriser à passer la frontière n’est pas le meilleur moyen de passer ladite frontière. Une meilleure solution consiste en fait à glisser un billet de 5 dollars dans le passeport. On saura en faire bon usage et il saura effacer les traces d’usure de ce passeport, ainsi que les réticences de notre cher (cela aurait pu être pire) douanier.
Je pense que, malgré le peu de temps dont nous disposions (5 jours), nous avons réussi à nous faire un aperçu du Cambodge : nous nous sommes faits une idée de l’histoire moderne du pays, par la visite de sa capitale, ainsi que deux soirées très différentes l’une de l’autre, l’une dans les quartiers centraux et historiques, l’autre dans les quartiers backpacker où tout est permis (sexe, drogue et rock’n roll). Nous avons exploré Angkor et ses trésors et redécouvert la grandeur de l’empire Khmer. Nous avons visité un village flottant où nous était présentée une misère crasse, jetée en pâture par les autorités à nos appareils photos indiscrets.
Il faut être honnête, il n’en est pas allé de même pour le Vietnam. La visite du sud-Vietnam a été plus qu’agréable, malgré un temps moyen. Chau Doc d’abord, les marchés flottants ou les commerçants viennent faire leurs affaires, les habitations le long des rives du delta du Mékong, la piscine du 4 étoiles que l’on a investi « en douce », et Ho Chi Minh où nous avons retrouvé un pote toulousain, ainsi qu’un couple franco Allemand avec qui nous avions passé la frontière. Le delta du Mékong est impressionnant par la vie qui est présente partout. Ses eaux sont très poissonneuses, et les inondations régulières permettent aux terres d’être parmi les plus productives au monde. Notre guide, un vieux papy à l’accent à couper au couteau nous a permis de passer une super journée et d’en apprendre un peu plus sur la vie locale et l’histoire du pays. Ho Chi Minh nous a également beaucoup plu : une ville importante certes, mais avec un centre unique et identifié, facilement explorable à pied. J’avoue, je n’étais pas super chaud pour conduire un 2 roues, comme beaucoup le font au Vietnam, et une rencontre macabre sur l’une des routes Vietnamienne n’a fait que me conforter dans mon choix. Bref, passons.. Le 18 juillet, donc, était un jour particulier pour moi. Un jour où j’étais censé atteindre l’âge de la maturité, celui d’un tournant m’emmenant vers un second quart de siècle et la sagesse qui lui est normalement liée. Je crois donc, pour cette raison, que les photos liées à cette évènement (et surtout celle du lendemain) seront purement et simplement censurées, oubliées, jetées au fond d’un puit. Il faut dire aussi que ce soir là, j’ai voulu montrer que « moi jsuis pas une ptite b… », et que les plats épicés, j’en ai vu d’autres. Certes… J’ai pensé très fort à mon père et à sa venue à Mumbai il y a deux ans. Ces 4 jours où il est resté bloqué dans sa chambre d’hôtel. Inutile d’aller plus loin dans les détails.. La journée suivante, pour rejoindre Hanoi, et la baie d’Halong, a été un vrai calvaire. Ne me demandez pas comment je suis arrivé là bas, j’ai simplement subi cette journée. Merci à mes deux compagnons de route pour avoir pris le lead à ce moment. Dans le cas contraire je pense que je serai resté dans le sud Vietnam à attendre que cela aille mieux. Cela ressemble donc à cela l’entrée dans la sagesse..
Le Nord Vietnam ne nous a pas ouvert les bras de la meilleure façon possible, c’est le moins que l’on puisse dire. Les gens ne nous ont pas paru très sympathiques, nous semblaient malhonnêtes, annonçaient un prix, puis ne respectaient pas leur parole et profitait du fait que nous étions pieds et poings liés pour tirer avantage de la situation. Pas très souriant non plus. Le contraste avec le Cambodge et le sud Vietnam était assez saisissant. Malgré tout, nous avons pu profiter un peu de cet endroit magique qu’est la baie d’Halong. Le soleil est finalement revenu en fin de journée pour nous permettre de découvrir un paysage extraordinaire, mais la fatigue, la malhonnêteté de certains et le sentiment de n’être qu’un portefeuille avec un sac à dos, ont eu raison de notre bonne humeur. On retiendra quand même les grottes extraordinaires, d’une dimension incroyable et d’une beauté sans précédent.
Après tout cela, il était temps de retourner à Shanghai. Après une dernière arnaque à Hanoi, nous prenons l’avion et arrivons pour un repos bien mérité « à la maison ». Néanmoins, pas de grâce matinée le lendemain, puisque le soleil avait rendez vous avec la lune (hmm, quel poète !!!), pour une éclipse totale de 6 minutes, malheureusement un peu gâchée par le mauvais temps sur Shanghai. Néanmoins, il était impressionnant de voir ce paysage d’apocalypse, la luminosité diminuant très rapidement pour finalement disparaître complètement… La lumière revenant, il était temps pour moi de retourner au travail, pour Benoit de continuer à explorer la ville.
Pour ceux qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout, à bientôt sur ce blog ou ailleurs…
Voilà ce à quoi le programme nous destinait. Pourtant, si nous avons réussi à faire ce que nous souhaitions, cela n’a pas été sans surprise, et il nous a souvent été nécessaire de faire des ajustements de dernière minute. Vous allez me dire, là réside l’intérêt de ce type de voyage : un billet d’avion pour un point A, un billet d’avion depuis un point B, un guide Lonely Planet (ou le Routard, c’est selon), et vogue la galère.
Benoit nous est donc (fraichement ?!!) arrivé de Paris un vendredi matin. Après un court repos, une visite rapide au marché aux vêtements (il est arrivé avec une valise vide..) et quelques mesures pour un nouveau costard sur mesure, une soirée à la maison qui se termine ensuite dans différents bars de la ville au petit matin, nous partons pour Phnom Penh samedi en fin de matinée.
L’aventure commence donc. L’arrivée se fait dans un joyeux bordel, tard dans la nuit, alors que nous ne sommes pas encore tout à fait rodés à l’exercice. Une première impression : sourires omniprésents, jeunesse de la population (on ferait presque office de vieux sage) et simplicité. Voulant profiter de notre première nuit, nous partons en recherche d’un coin sympa, et sur les conseils d’un locaux, allons sur la rive est de la capitale. Après une bonne heure de déambulation, nous nous arrêtons dans un bar pour siroter notre première bière et marquer le coup de notre arrivée. Il s’avère que ce bar est un bar « rose ». Mouais… bon, je crois que l’on va aller se coucher, là…
Notre première journée nous permet de comprendre un peu mieux l’histoire récente du Cambodge et la tragédie qu’a traversé ce peuple avec la période Khmers rouges (http://fr.wikipedia.org/wiki/Khmers_rouges), responsables de l’un des plus importants génocides dans l’histoire de l’humanité. Un génocide sous couvert de communisme et de développement de l’homme nouveau, dirigé contre sa propre population (dont 20% n’y survivra pas).
Notre première étape nous emmène au musée national, puis vers Choeung Ek, dénommé Killing Fields, où ont été exécuté des dizaines de milliers de personnes, souvent suite à un passage par la prison de sécurité 21, anciennement Lycée, transformé depuis en musée et dont le nom Cambodgien signifie colline empoisonnée.. Cette dernière visite nous a littéralement glacé le sang, par l’horreur qu’elle décrit et dévoile, au travers du bâtiment lui-même, qui permet déjà de s’imaginer les conditions de vie dans lesquelles étaient parquées les « opposants » au régime (ils suffisaient que ces derniers portent des lunettes pour être considéré comme intellectuels, et donc comme ennemi du « peuple »), mais surtout par les centaines de témoignages rassemblés au musée : famille de prisonnier, gardien, famille de Khmer rouge, et rares survivants (moins d’une dizaine sur environ 20 000 prisonniers). Notre ressenti ? Une espèce de dégout pour la capacité de l’humain à toujours se diversifier dans l’horreur et la torture, l’élimination des éléments « déviants » et l’anéantissement de la pensée. Le pays, 30 ans après la chute du régime, paye encore le prix fort de l’anéantissement de toute une frange de sa population, et notamment ses élites (professeurs, médecins, artistes, scientifiques…). Je ne parle même pas des ravages liés au minage systématique des rizières (les Khmers rouges, à la chute du régime, pensaient pouvoir faire fléchir le nouveau pouvoir en empêchant les riziculteurs de réaliser leur tâche, et en affamant la population qu’ils étaient sensés vouloir représenter).
L’horreur de cette période contraste avec le sourire des cambodgiens. On sent, malgré tout, un optimisme, une joie de vivre assez saisissante, dans la rue, sur les marchés, aux alentours des habitations.
Après cette journée intense dans la capitale, il était temps de faire route vers Angkor, l’ancienne capitale du royaume Khmer.
Comment décrire Angkor sans être réducteur et en quelques lignes ? Angkor, classé au patrimoine de l’humanité, est une démonstration de l’art et de la maîtrise architecturale de l’époque (IXème siècle – XIVème siècle), probablement l’un des complexes les plus édifiants jamais construits par l’homme, comparable aux pyramides d’Egypte, aux temples Incas et Aztèques. Angkor Vat, bien sûr, le plus harmonieux, le plus majestueux, mais aussi Angkor Thom, qui regroupe une multitude de temples tous plus impressionnants les uns que les autres, et qui est entouré par une enceinte haute de 8 mètres, longue de 3km, et large d’autant. Cette enceinte était une véritable ville, ouverte grâce à 4 portes majestueuses gardées chacune par 54 soldats de pierre tenant dans leurs mains un serpent au dessus des douves protégeant l’enceinte. La Bayon, temple fabuleux de 49 tours représentant chacune les 4 vertues du bouddhisme (la sympathie, la pitié, l'humeur égale, l'égalité), ainsi que des scènes de l’histoire du royaume Khmer sur ses bas reliefs encerclant la totalité du temple. Banteay Srei, le plus fin, rendu célèbre notamment par Malraux qui y vola un bas relief. Ta Prohm, laissé plus ou moins à l’état sauvage, avec ses arbres encastré dans la pierre. J’en passe et j’en oublie, le site est constitué de plusieurs dizaines de temples, dont beaucoup sont, malgré le poids des ans, restés en bon état. D’autre sont laissés à l’abandon et permettent donc aux aventuriers en herbe de s’imaginer en Indiana Jones, à travers la végétation et les éboulements de pierre.
Angkor est LA fierté nationale, et on comprend facilement pourquoi. Cette région du monde, aujourd’hui considéré comme une région pauvre, était autrefois un centre rayonnant par sa maitrise architecturale, agricole (l’irrigation), et ses richesses. Elle nous rappelle également qu’une civilisation, malgré sa puissance et son aura, peut disparaître rapidement et sombrer dans l’anonymat (Angkor était perdu dans la jungle jusqu’en 1860, quand une expédition française a permis de retrouver sa trace et de lancer son exploration).
2 jours et demi de visite intense donc, qui se résument difficilement par des mots. Je vous invite à lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor (plus complet en Anglais) pour plus d’information. Je mettrai des photos à mon retour en France (Facebook, Picasa web et blogspot sont bloqués en Chine… J’en profite pour dire merci à Nath!!! C’est elle qui publie gentiment mes articles sur le blog). Notre visite dans la région de Siem Reap se termine par une visite d’un village flottant, qui ressemble plus, selon moi, à une escroquerie organisée par les autorités locales qu’à une véritable visite. Je n’en parlerai donc pas plus, et déconseille à quiconque se rendant au Cambodge de passer par les organismes publics pour réaliser ce type d’expédition. Au cours de ces trois jours, nous en avons profité pour découvrir un peu mieux la culture locale (même si Siem Reap est très tourné vers le tourisme), manger des plats tous plus excellents les uns que les autres : Amok, soupes diverses, sea food… et profiter des fameux oil massage dont vous a parlé Benoit. A ce propos, un moment magique : lorsque l’une de nos masseuses s’est mis à chanter d’une voix douce et légère, un chant traditionnel magnifique qui nous a littéralement transporté. Pocahontas n’aurait pas fait mieux (et oui, j’assume les anachronismes et autres erreurs géographiques).
Nous prenons ensuite un bus de nuit qui nous emmène à Phnom Penh, où nous attendons le jour se lever afin de prendre un nouveau bus, qui nous emmènera à un bateau pour la frontière, qui nous emmènera à un autre bateau, où nous rejoindrons Chao Doc, au Vietnam. Vous suivez ? C’est le fameux moment, où l’on a failli rester coincé au Cambodge, pour cause de passeport en mauvais état. Et d’esprit légèrement échauffé, aussi… Moralité de l’histoire : insulter le douanier qui est seul habilité à vous autoriser à passer la frontière n’est pas le meilleur moyen de passer ladite frontière. Une meilleure solution consiste en fait à glisser un billet de 5 dollars dans le passeport. On saura en faire bon usage et il saura effacer les traces d’usure de ce passeport, ainsi que les réticences de notre cher (cela aurait pu être pire) douanier.
Je pense que, malgré le peu de temps dont nous disposions (5 jours), nous avons réussi à nous faire un aperçu du Cambodge : nous nous sommes faits une idée de l’histoire moderne du pays, par la visite de sa capitale, ainsi que deux soirées très différentes l’une de l’autre, l’une dans les quartiers centraux et historiques, l’autre dans les quartiers backpacker où tout est permis (sexe, drogue et rock’n roll). Nous avons exploré Angkor et ses trésors et redécouvert la grandeur de l’empire Khmer. Nous avons visité un village flottant où nous était présentée une misère crasse, jetée en pâture par les autorités à nos appareils photos indiscrets.
Il faut être honnête, il n’en est pas allé de même pour le Vietnam. La visite du sud-Vietnam a été plus qu’agréable, malgré un temps moyen. Chau Doc d’abord, les marchés flottants ou les commerçants viennent faire leurs affaires, les habitations le long des rives du delta du Mékong, la piscine du 4 étoiles que l’on a investi « en douce », et Ho Chi Minh où nous avons retrouvé un pote toulousain, ainsi qu’un couple franco Allemand avec qui nous avions passé la frontière. Le delta du Mékong est impressionnant par la vie qui est présente partout. Ses eaux sont très poissonneuses, et les inondations régulières permettent aux terres d’être parmi les plus productives au monde. Notre guide, un vieux papy à l’accent à couper au couteau nous a permis de passer une super journée et d’en apprendre un peu plus sur la vie locale et l’histoire du pays. Ho Chi Minh nous a également beaucoup plu : une ville importante certes, mais avec un centre unique et identifié, facilement explorable à pied. J’avoue, je n’étais pas super chaud pour conduire un 2 roues, comme beaucoup le font au Vietnam, et une rencontre macabre sur l’une des routes Vietnamienne n’a fait que me conforter dans mon choix. Bref, passons.. Le 18 juillet, donc, était un jour particulier pour moi. Un jour où j’étais censé atteindre l’âge de la maturité, celui d’un tournant m’emmenant vers un second quart de siècle et la sagesse qui lui est normalement liée. Je crois donc, pour cette raison, que les photos liées à cette évènement (et surtout celle du lendemain) seront purement et simplement censurées, oubliées, jetées au fond d’un puit. Il faut dire aussi que ce soir là, j’ai voulu montrer que « moi jsuis pas une ptite b… », et que les plats épicés, j’en ai vu d’autres. Certes… J’ai pensé très fort à mon père et à sa venue à Mumbai il y a deux ans. Ces 4 jours où il est resté bloqué dans sa chambre d’hôtel. Inutile d’aller plus loin dans les détails.. La journée suivante, pour rejoindre Hanoi, et la baie d’Halong, a été un vrai calvaire. Ne me demandez pas comment je suis arrivé là bas, j’ai simplement subi cette journée. Merci à mes deux compagnons de route pour avoir pris le lead à ce moment. Dans le cas contraire je pense que je serai resté dans le sud Vietnam à attendre que cela aille mieux. Cela ressemble donc à cela l’entrée dans la sagesse..
Le Nord Vietnam ne nous a pas ouvert les bras de la meilleure façon possible, c’est le moins que l’on puisse dire. Les gens ne nous ont pas paru très sympathiques, nous semblaient malhonnêtes, annonçaient un prix, puis ne respectaient pas leur parole et profitait du fait que nous étions pieds et poings liés pour tirer avantage de la situation. Pas très souriant non plus. Le contraste avec le Cambodge et le sud Vietnam était assez saisissant. Malgré tout, nous avons pu profiter un peu de cet endroit magique qu’est la baie d’Halong. Le soleil est finalement revenu en fin de journée pour nous permettre de découvrir un paysage extraordinaire, mais la fatigue, la malhonnêteté de certains et le sentiment de n’être qu’un portefeuille avec un sac à dos, ont eu raison de notre bonne humeur. On retiendra quand même les grottes extraordinaires, d’une dimension incroyable et d’une beauté sans précédent.
Après tout cela, il était temps de retourner à Shanghai. Après une dernière arnaque à Hanoi, nous prenons l’avion et arrivons pour un repos bien mérité « à la maison ». Néanmoins, pas de grâce matinée le lendemain, puisque le soleil avait rendez vous avec la lune (hmm, quel poète !!!), pour une éclipse totale de 6 minutes, malheureusement un peu gâchée par le mauvais temps sur Shanghai. Néanmoins, il était impressionnant de voir ce paysage d’apocalypse, la luminosité diminuant très rapidement pour finalement disparaître complètement… La lumière revenant, il était temps pour moi de retourner au travail, pour Benoit de continuer à explorer la ville.
Pour ceux qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout, à bientôt sur ce blog ou ailleurs…
lundi 27 juillet 2009
Commentaires Chine – Ben
Avant de quitter notre Patrick national, il tenait à ce que je lui écrive un p’tit mot sur son blog pour résumer mon passage, partager ce qui m’a le plus surpris pdt mon séjour. Le communisme ayant tjrs cours en Chine, ce commentaire est bien évident passé sous le sceau de la censure (Kerfridéenne et non pas communiste pour une fois) et les lecteurs sont invités à lire attentivement entre les lignes…
Ce qui frappe le plus en vivant à Shanghai – hormis l’aura de mandolineur impressionnante dont jouit Patrick auprès de la population locale – c’est le décalage entre 2 sensations étranges. La sensation d’être en terrain connu (ville hyper occidentale genre New York, Building de 500m, des Mc Do, KFC a tous les coins de rue, architecture moderne, propreté…) et celle d’être un parfait étranger (écriture en chinois allez essayer de lire les panneaux ou un menu !, peu de gens parlent anglais donc barrière de la langue, différences culturelles…). Je ne me ss jamais senti à la fois aussi à l’aise dans une ville à l’étranger et aussi perdu, livré à soi-même. Exemple, vous marchez dans la rue. Cette rue c’est la même qu’à Paris dans les quartiers uppé (magasins, dior, gucci, louis vutton ah le starbuck + le Mc Do c’est bon je ss en terrain conquis). L’impression de maitriser l’environnement d’autant plus qu’ils ont traduit en anglais tous les noms de rue. Nickel je sais ou je suis et où je vais. Mais qd vous demandez votre chemin à un Chinois tout s’écroule : d’abord il faut tomber sur qq un qui comprenne un peu l’anglais. 1ere étape, pas la plus dure, on y arrive tjrs. Le problème c’est que qd ils ne savent pas ou ne comprennent pas, les chinois ne vous le diront pas. Ils vous donneront une mauvaise info plutôt que de ne rien dire (sans aucune malhonnêteté). Afin de ne pas « perdre la face » ils vous répondront n’importe quoi plutôt que de montrer qu’ils ne savent pas. Et pour en rajouter une couche, vous devez batailler avec les 5 différents tons chinois afin que le mec comprenne le nom de la rue que vous cherchez… Que du bonheur.
Dans la liste des trucs à faire en Chine (bon plants, mauvais plants confondus) je retiendrais : le coiffeur chinois qui parle pas un mot d’anglais, les oil body massages (le PIED !!!), la bouffe asiatique en général (thai, viet, cambodgienne, chinoise…), le tépaniaki (merci Raph), la piscine de Raph by night (re), le fake market (demander à Patrick de vous acheter des T-shirt à 20 kuais), aller boire une binouze en haut du décapsuleur après 12h de vol, entrer en tong dans le Hyatt 5 étoiles pour admirer la vue 500m plus haut, faire ABSOLUMENT le tour « Visit the Children » à Phnom Penh (pour l’adresse demander à Patrick ;-) ), acheter un T-shirt SAME SAME, dormir au « Boom boom Room Hostel » à Siem Reap, faire un massage-i, négocier au Fake market avec Raph, voyager avec le passeport de Raph (un vrai défi), aller en boite avec les chinois et les regarder danser, se baigner dans la piscine du Victoria Hotel de Chau Doc, prendre un tuk-tuk, faire de la moto au Vietnam… et j’en oublie.
PS : Pour toute demande d’informations complémentaires concernant ce paragraphe, s’adresser directement à Patrick : patrick_kerfriden@hotmail.com
Pour finir dépêchez vous de venir en Chine, il vous reste plus bcp de temps si vous voulez voyager avec Patrick : il peut plus voyager sans la clim, dans 2 ans ça en sera fini des Backpackers et des nuits dans les bus pourris, vous devrez vous taper les 3 étoiles ;-)
Zai Jian
Ce qui frappe le plus en vivant à Shanghai – hormis l’aura de mandolineur impressionnante dont jouit Patrick auprès de la population locale – c’est le décalage entre 2 sensations étranges. La sensation d’être en terrain connu (ville hyper occidentale genre New York, Building de 500m, des Mc Do, KFC a tous les coins de rue, architecture moderne, propreté…) et celle d’être un parfait étranger (écriture en chinois allez essayer de lire les panneaux ou un menu !, peu de gens parlent anglais donc barrière de la langue, différences culturelles…). Je ne me ss jamais senti à la fois aussi à l’aise dans une ville à l’étranger et aussi perdu, livré à soi-même. Exemple, vous marchez dans la rue. Cette rue c’est la même qu’à Paris dans les quartiers uppé (magasins, dior, gucci, louis vutton ah le starbuck + le Mc Do c’est bon je ss en terrain conquis). L’impression de maitriser l’environnement d’autant plus qu’ils ont traduit en anglais tous les noms de rue. Nickel je sais ou je suis et où je vais. Mais qd vous demandez votre chemin à un Chinois tout s’écroule : d’abord il faut tomber sur qq un qui comprenne un peu l’anglais. 1ere étape, pas la plus dure, on y arrive tjrs. Le problème c’est que qd ils ne savent pas ou ne comprennent pas, les chinois ne vous le diront pas. Ils vous donneront une mauvaise info plutôt que de ne rien dire (sans aucune malhonnêteté). Afin de ne pas « perdre la face » ils vous répondront n’importe quoi plutôt que de montrer qu’ils ne savent pas. Et pour en rajouter une couche, vous devez batailler avec les 5 différents tons chinois afin que le mec comprenne le nom de la rue que vous cherchez… Que du bonheur.
Dans la liste des trucs à faire en Chine (bon plants, mauvais plants confondus) je retiendrais : le coiffeur chinois qui parle pas un mot d’anglais, les oil body massages (le PIED !!!), la bouffe asiatique en général (thai, viet, cambodgienne, chinoise…), le tépaniaki (merci Raph), la piscine de Raph by night (re), le fake market (demander à Patrick de vous acheter des T-shirt à 20 kuais), aller boire une binouze en haut du décapsuleur après 12h de vol, entrer en tong dans le Hyatt 5 étoiles pour admirer la vue 500m plus haut, faire ABSOLUMENT le tour « Visit the Children » à Phnom Penh (pour l’adresse demander à Patrick ;-) ), acheter un T-shirt SAME SAME, dormir au « Boom boom Room Hostel » à Siem Reap, faire un massage-i, négocier au Fake market avec Raph, voyager avec le passeport de Raph (un vrai défi), aller en boite avec les chinois et les regarder danser, se baigner dans la piscine du Victoria Hotel de Chau Doc, prendre un tuk-tuk, faire de la moto au Vietnam… et j’en oublie.
PS : Pour toute demande d’informations complémentaires concernant ce paragraphe, s’adresser directement à Patrick : patrick_kerfriden@hotmail.com
Pour finir dépêchez vous de venir en Chine, il vous reste plus bcp de temps si vous voulez voyager avec Patrick : il peut plus voyager sans la clim, dans 2 ans ça en sera fini des Backpackers et des nuits dans les bus pourris, vous devrez vous taper les 3 étoiles ;-)
Zai Jian
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