J’en profite donc pour approfondir ma connaissance du pays, profiter de choses que l’on ne peut voir nul part ailleurs, essayer de comprendre et d’appréhender encore un peu plus cette culture qui nous semble si lointaine parfois. Cer derniers temps, j’ai donc assisté à une cérémonie de mariage, élément fédérateur la société indienne par excellence, marcher sur le feu, ou encore passer un week end au sein d’une petite communauté indienne, dans un petit village au fin fond du west maharastra, à plus de 4 heures de voiture de Mumbai, et à plus de 25 km de la première ville digne de ce nom. Je vais m’attarder sur ce dernier événement, qui m’a marqué comme rarement j’ai été marqué.
On pourrait parler d’une claque, de celles que l’on prend de temps en temps dans sa vie et qui fait vaciller les certitudes et nous amène à réfléchir quelques secondes à sa petite vie, et à la façon dont on la mène… Il est des moments ou l’on se retrouve face à la pauvreté et à la misère, mais ou l’on ferme les yeux. C’est ce que je m’applique à faire depuis que je suis à Mumbai, m’enfermant parfois dans cette bulle qui me permet de tenir. On voit sans voir, on "s'habitue" à envoyer péter les gosses de 3 ans qui portent des guenilles et font des pieds et des mains pour te soutirer trois roupies... Au bout d'un moment on ne se sent meme plus coupable de le faire, tellement cela s'avère fréquent (entre 10 et 20 fois par WE pour ma part). On regarde ailleurs, on fait comme tous les indiens de la classe moyenne, on les voit mais on ne les regarde pas et on fait comme s'ils n'existaient pas. Tout juste va-t-on s'offusquer un peu plus lorsque l'on va rencontrer un bossu tellement diforme qu'il ne peut meme pas se déplacer autrement qu'avec un espèce de skate improvisé. De toute manière, comme me l'a dit une fois l'un de mes "amis" indiens : Nan mais ca tu vois ce n'est pas la vrai Inde. Sauf que... Sauf que la plupart de ces gens qui vivent là ou c'est possible (dans la rue, sous les ponts au milieu des autoroutes), pour le plupart, viennent de la campagne avec pour espoir d'y trouver une vie meilleure, ceux dont les revenus de l'agriculture ne suffisaient plus à alimenter sa famille. Il devenait donc intéressant de voir, de toucher du bout des doigts ces difficultés...
Nous avons donc été invités, Pablo et moi, à nous rendre dans un ptit village afin d’y rencontrer les amis d’enfance et la famille de l’un de nos collègues de travail, et d’y visiter leur lieu de vie. Après quelques heures de voiture, je m’aperçois que mon collègue est un peu nerveux, il semble un peu inquiet, et en même temps très excité à l’idée d’arriver. Quand enfin nous arrivons, et alors que nous ne nous attendions en aucun cas à un tel accueil (Pablo et moi du moins), nous voyons que tout le village (du moins les hommes) se sont rassemblés à une centaine de mètres de l’entrée du village pour nous accueillir. Après avoir serré des dizaines et des dizaines de mains, un peu perdu au milieu de tout ce beau monde, un cortège d’accueil se met en place pour nous ouvrir la route jusqu’au village : Alors que deux hommes entament les percussions, les autres prennent le devant de la procession, sur deux lignes parallèles et se mettent à danser. 15 minutes plus tard, et alors que l’on n’en revient toujours pas, la procession arrive au centre du village, ou les femmes et les enfants nous attendent. C’est alors que toutes les femmes (je dis bien toutes) nous accueillent en nous appliquant diverses poudres sur notre front. Nous apprendrons par la suite que ce traitement est strictement réservé aux invités "de marque" et que nous sommes en fait les premiers étrangers à avoir jamais pénétré dans ce village...


On pourrait parler d’une claque, de celles que l’on prend de temps en temps dans sa vie et qui fait vaciller les certitudes et nous amène à réfléchir quelques secondes à sa petite vie, et à la façon dont on la mène… Il est des moments ou l’on se retrouve face à la pauvreté et à la misère, mais ou l’on ferme les yeux. C’est ce que je m’applique à faire depuis que je suis à Mumbai, m’enfermant parfois dans cette bulle qui me permet de tenir. On voit sans voir, on "s'habitue" à envoyer péter les gosses de 3 ans qui portent des guenilles et font des pieds et des mains pour te soutirer trois roupies... Au bout d'un moment on ne se sent meme plus coupable de le faire, tellement cela s'avère fréquent (entre 10 et 20 fois par WE pour ma part). On regarde ailleurs, on fait comme tous les indiens de la classe moyenne, on les voit mais on ne les regarde pas et on fait comme s'ils n'existaient pas. Tout juste va-t-on s'offusquer un peu plus lorsque l'on va rencontrer un bossu tellement diforme qu'il ne peut meme pas se déplacer autrement qu'avec un espèce de skate improvisé. De toute manière, comme me l'a dit une fois l'un de mes "amis" indiens : Nan mais ca tu vois ce n'est pas la vrai Inde. Sauf que... Sauf que la plupart de ces gens qui vivent là ou c'est possible (dans la rue, sous les ponts au milieu des autoroutes), pour le plupart, viennent de la campagne avec pour espoir d'y trouver une vie meilleure, ceux dont les revenus de l'agriculture ne suffisaient plus à alimenter sa famille. Il devenait donc intéressant de voir, de toucher du bout des doigts ces difficultés...
Nous avons donc été invités, Pablo et moi, à nous rendre dans un ptit village afin d’y rencontrer les amis d’enfance et la famille de l’un de nos collègues de travail, et d’y visiter leur lieu de vie. Après quelques heures de voiture, je m’aperçois que mon collègue est un peu nerveux, il semble un peu inquiet, et en même temps très excité à l’idée d’arriver. Quand enfin nous arrivons, et alors que nous ne nous attendions en aucun cas à un tel accueil (Pablo et moi du moins), nous voyons que tout le village (du moins les hommes) se sont rassemblés à une centaine de mètres de l’entrée du village pour nous accueillir. Après avoir serré des dizaines et des dizaines de mains, un peu perdu au milieu de tout ce beau monde, un cortège d’accueil se met en place pour nous ouvrir la route jusqu’au village : Alors que deux hommes entament les percussions, les autres prennent le devant de la procession, sur deux lignes parallèles et se mettent à danser. 15 minutes plus tard, et alors que l’on n’en revient toujours pas, la procession arrive au centre du village, ou les femmes et les enfants nous attendent. C’est alors que toutes les femmes (je dis bien toutes) nous accueillent en nous appliquant diverses poudres sur notre front. Nous apprendrons par la suite que ce traitement est strictement réservé aux invités "de marque" et que nous sommes en fait les premiers étrangers à avoir jamais pénétré dans ce village...
C’est alors que nous prenons le chemin du temple, pour nous y recueillir. Puis, c’est le moment de réunir le conseil du village autour de la table d’honneur. On nous présente alors, expliquant aux villageois d’où l’on vient et qui nous sommes. C’est ainsi que s’engage la cérémonie de bienvenue ou l’on nous offre des fleurs, ainsi qu’une petite collation.
Vous pouvez déjà imaginer dans quel état l’on se trouve dans ce genre de situation. Si j’avais pu, je me serais caché sous ma chaise… Je vous laisse juste apprécier les photos qui parlent d’elles-mêmes.


Vous pouvez déjà imaginer dans quel état l’on se trouve dans ce genre de situation. Si j’avais pu, je me serais caché sous ma chaise… Je vous laisse juste apprécier les photos qui parlent d’elles-mêmes.
Les présentations étant faites, on nous explique alors la situation au village ainsi que ses difficultés : Le problème de l’eau, de chômage (les villageois ne peuvent réellement travailler leur terre que pendant la mousson), l’école (une seule salle, en ruine, avec un seul professeur pour toutes les classes d’age), les problèmes de corruption qui font que l’argent alloué par le gouvernement au village n’y parvient jamais.
Tout cela nous étant bien évidemment traduit par nos compagnons de route, les villageois ne parlant pas un mot d’hindi, encore mois d’anglais.
Finalement, après que notre collègue ait présenté ses projets pour dynamiser le village, et à leur demande, nous prenons la parole pour leurs dire nos sentiments : malgré les difficultés, nous y avons vu un peuple souriant, plutôt heureux (comme souvent dans ce genre de situation, ce qui nous renvoie, nous petits occidentaux gavés par la consommation à outrance érigée en mode de vie, à nos jérémiades et plaintes incessantes, pour un oui ou pour un non…), unis pour faire face aux difficultés, incroyablement solidaire. Eux n’ont pas oublié que le bonheur se trouvait avant tout dans l’amitié, la solidarité, la famille, la générosité. Mais se trouvent sacrifier par ces politiciens qui leurs confisquent le peu de chances qu’ils ont de se développer, d’accéder à l’eau, de reconstruire un toit correct pour l’école de leur village avant que la saison des pluies ne commence…
Voilà, j’en dirai pas plus, si ce n’est que cela m’a rappelé un certain jour de février 2004, ou mon couz Abdel m’avait fait visiter certains membres de sa famille marocaine. Un jour ou déjà, je m’étais senti misérable et ou j’avais compris que décidément, chez nous, il y a bien des choses que l’on a oubliés…
Tout cela nous étant bien évidemment traduit par nos compagnons de route, les villageois ne parlant pas un mot d’hindi, encore mois d’anglais.
Finalement, après que notre collègue ait présenté ses projets pour dynamiser le village, et à leur demande, nous prenons la parole pour leurs dire nos sentiments : malgré les difficultés, nous y avons vu un peuple souriant, plutôt heureux (comme souvent dans ce genre de situation, ce qui nous renvoie, nous petits occidentaux gavés par la consommation à outrance érigée en mode de vie, à nos jérémiades et plaintes incessantes, pour un oui ou pour un non…), unis pour faire face aux difficultés, incroyablement solidaire. Eux n’ont pas oublié que le bonheur se trouvait avant tout dans l’amitié, la solidarité, la famille, la générosité. Mais se trouvent sacrifier par ces politiciens qui leurs confisquent le peu de chances qu’ils ont de se développer, d’accéder à l’eau, de reconstruire un toit correct pour l’école de leur village avant que la saison des pluies ne commence…
Voilà, j’en dirai pas plus, si ce n’est que cela m’a rappelé un certain jour de février 2004, ou mon couz Abdel m’avait fait visiter certains membres de sa famille marocaine. Un jour ou déjà, je m’étais senti misérable et ou j’avais compris que décidément, chez nous, il y a bien des choses que l’on a oubliés…