vendredi 17 avril 2009

Road trip sue les routes du Sichuan

Ca y est, je me suis lancé. Voyager dans les terres intérieures, jusqu'ici, me faisait peur. Il faut dire que mes craintes étaient justifiées: nous avons rencontré très peu de gens à même de communiquer en Anglais, ne serait-ce que pour baragouiner. Je vous laisse imaginer les difficultés pour nous diriger, trouver les bus, savoir à quel endroit descendre... Néanmoins, nous avons réussi à boucler notre programme, à aller partout où nous souhaitions aller, malgré bien des péripéties.

Où : Sichuan, région limitrophe du Tibet (grand comme 2 fois la France), du plus beau (Jiuzhaigou - Songpan) au plus sacré (EmeiShan - Leshan), en passant par le plus triste (route nord Sichuan - Épicentre du tremblement de terre), en terminant sur une touche de tendresse (Chengdu - Centre d'élevage des pandas).
Comment: 6 heures d'avion, 30 heures de bus (au bas mot), 6 heures de taxi, 8 heures à cheval, 15 minutes en téléphériques, 5 minutes dans une voiture de police, 8 minutes en Maglev, et des dizaines et des dizaines de kilomètres à pied, à l'horizontal comme en vertical.
Qui: Raphael, mon compagnon de route, et moi.

Jour 1 et 2:
Nous voulions commencer par un dépaysement total, loin de la ville et de son agitation. La réserve national de Jiuzhaigou, classée au patrimoine de l'UNESCO (de même que Emeishan et Leshan) était l'endroit rêvé pour nous changer les idées et nous mettre dans le bain de ce road trip. A 3100 mètres d'altitude, nous avons pris un bon bol d'air, et en sommes revenu des images plein la tête. Il faut dire que les couleurs au sein de ce parc sont tout simplement à couper le souffle. Mais les photos parlent d'elles même.





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L'histoire du jour, quand même, et qui nous tiendra en haleine pendant tout notre voyage, c'est la perte de mon passeport. Oui j'entends d'ici vos reproches et cris d'exclamation. Ne vous en faites pas, je me suis maudis comme il le fallait. Toujours est-il que ma jolie veste toute neuve achetée à Shanghai n'a pas été perdue pour tout le monde, puisqu'après avoir tenté de remuer ciel et terre, contacté tous les organismes du parc possible, il s'avère qu'ils n'ont jamais rien retrouvé, alors même que ma veste se trouvait dans l'un des endroits les plus fréquentés du parc. Passons...
Viens ensuite les soucis de mobilité.. Comment se rendre à Chengdu alors que nous avions déjà été contrôlé lors de notre arrivée à Jiuzhaigou ? Je ne parle même pas encore de prendre l'avion pour rentrer sur Shanghai. Le fil rouge de notre voyage se dessine... Après bien des déboires, nous finissons finalement à obtenir un certificat de perte par la police local qui nous précise quand même qu'il me faudra recommencer la procédure à Chengdu (capitale de la province) pour pouvoir continuer notre périple. Bien sur, tout ça se fait en Chinois... Je vous laisse imaginer, encore une fois..

Jour 3 et 4:
Nous partons donc, certificat en poche, vers Songpan, où nous attendent 2 jours de horse trekking vers les sources d'eau chaude de "...", en passant par des cols atteignant les 3800 mètres. Notre condition physique commence alors à être mise à l'épreuve. Il faut dire que les paysages nous ont coupé le souffle (et ce n'est pas qu'une image...). Nos deux guides ont été des plus sympathiques, un brin moqueur aussi quand le mal des montagnes a pointé le bout de son nez..

La nuit au refuge reste également un grand moment. Nos hôtes nous reçoivent dans un confort spartiate mais avec un large sourire, et surtout, avec un feu providentiel qui nous a aider à décongeler nos pieds... à 3400 mètres d'altitude, avec un sentiment qui m'a rappelé le mal de mer (vertige, nausée, perte de motivation, mal de tête..), nous nous couchons à même le sol, par un froid qui s'insinue partout, tant bien que mal emmitouflé dans nos "couvertures". Heureusement pour nous, Raphaël, après deux jours de nourriture Sichuanaise, était à même de nous procurer un peu de chaleur, et il s'est attaché à remplir cette mission tout au long de la nuit.
Une petite anecdote également qui nous a amusé: nos hôtes, en se présentant, ont distingué les Chinois des Tibétains. Comme s'ils y voyaient deux nationalités distinctes, très naturellement.





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Une fois de retour, sur notre camp de base, nous avons décidé d'y faire une pause, histoire de se remettre, et de prendre un peu notre temps. On y a trouvé l'un des meilleurs massages center.. Après ce trek, rien n'aurait pu en effet nous faire plus plaisir qu'une jolie tibétaine qui nous masse le corps de ces mains expertes.

Jour 5:
Nous nous sommes ensuite dirigé vers Chengdu, capitale du Sichuan donc, après un réveil à 5h30, par bus, à travers les routes tortueuses et défoncées du nord-Sichuan. 9h30 d'une riche traversée ou j'ai eu un sentiment étrange. Les photos écrasent certes la réalité, et il est difficile de vraiment ressentir les choses grâce à elles, mais elles donnent un aperçu.





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Un sentiment de tristesse d'abord, car les destructions sont vraiment massives. Dans certains coins, il ne reste pas une seule maison debout, pas un seul pont intact, et les routes sont en piteux états. Sur environ 200 kilomètres, on peut voir ce qui doit être l'un des plus gros chantiers à ciel ouvert au monde. Je n'ai jamais vu autant de bétonneuses, de briques, de camions de gravats circuler sur une route. Un sentiments de tristesse aussi parce que par endroit, on peut voir que les secousses ont été telles, qu'elle ont fait s'effondrer des pans entiers de montagnes, entrainant parfois avec eux une partie d'un village en contre-bas, telle une avalanche d'une puissance qu'un an après, on peut difficilement se représenter. Un sentiment étrange quand même, de voir la puissance chinoise en action, dans la reconstruction. C'est incroyable de voir toute une région se mettre en branle pour reconstruire ce qui a été perdu, trouver des situations d'urgence pour reloger ses millions de personne qui ont été jetées à la rue. Incroyable aussi de se dire que l'aide de l'étranger n'a quasiment pas été sollicitée, que ce pays a donc su se relever (même si cela est loin d'être terminé) par lui même. Même si évidemment il ne faut pas être dupe. La façon dont tout cela est géré échappe bien entendu à la transparence. Et peut être parfois également à la justice. Que penser de ceux dont la maison n'a pas été assez touchée et qui voient leurs voisins bénéficier d'une aide substantielle des autorités pour reconstruire le tout à neuf ? L'efficacité contre la transparence. Voilà bien le choix qui a été fait et que l'on pourrait élargir à ce pays dans son entier. Car la région met les moyens. On a vu notamment plusieurs tunnels en construction, des barrages, des ponts, qui n'existaient pas avant le séisme. Un sentiment étrange enfin car tout est reconstruit à l'identique, comme si un plan de reconstruction avait été décidé au plus haut niveau et que chaque maison devait répondre aux caractéristiques décidées en amont. Malgré ces 9heures et demi de trajet, je ne m'y suis pas ennuyé une seule seconde. Je dirais même que cela DEVAIT faire partie de ce trip.

Arrivé à Chengdu, notre permière mission a été de résoudre notre (mon) problème de passeport. Visite du consulat français d'abord, puis du BSP, ou bureau de sécurité publique. Notre présence dans ses locaux, comme vous pouvez vous en douter, s'est quelque peu éternisée. Après que Raphaël est haussé le ton (en fait qu'il est commencé à gueuler comme un putois sur l'abrutie de service qui ne voulait rien savoir et ne faisait que répéter en boucle la même chose, en gros, démmerdez vous..), le big boss est arrivé. C'est donc par son intervention auprès du directeur de la sécurité de l'aéroport de Chengdu et de ses propos rassurants que nous partons l'esprit tranquille, avec la quasi assurance que nous pourrons quitter la région. Direction EmeiShan donc, où nous trouvons alors le repos bien mérité.

Jour 6:
Mon compagnon a une grosse flemme (et il est vrai que c'est compréhensible). Nous partons donc "un peu tard" de notre hôtel, pour rejoindre le haut de l'une des 4 montagnes sacrées du bouddhisme chinois. Arrivé à son sommet vers 13h00, nous avions prévu d'en effectuer la descente dans l'après midi. Grosse grosse erreur. Si nous savions que nous avions besoin de beaucoup de temps, nous avons quand même eu tendance à surestimer nos capacités. Il faut dire, qu'entre le sommet à 2700 mètres d'altitude, et le premier point de bus, à 1000 mètres ou quelque chose comme cela, il y avait beaucoup, mais alors beaucoup... de marches. Qui descendent bien sûr, mais qui montent aussi. Et qui sont en nombres infinis. Je me suis amusé à faire un rapide calcul, et en estimant à 10 centimètre par marche, et à 30% de marches en montée, on a du faire environ 22000 marches en descente, 5000 en montée... Pour ceux qui connaissent, cela m'a fait penser au chemin que doit parcourir San Goku une fois dans le royaume des morts, pour rejoindre son nouveau maître d'armes. Pour ceux qui connaissent pas, Essayer de descendre 20 fois du deuxième étage de la tour Eiffel, et d'y monter 4 fois.
Toujours est-il qu'une fois en bas, nous avons enfin croisé des gens qui l'avaient réalisé (sinon, personne... tu m'étonnes). Eux étaient partis à 5h30 du matin... Je vous laisse imaginer l'état des troupes une fois en bas. Les crampes au mollet ont duré pendant plus d'une semaine. Et encore, si nous avions pu assister à quelque chose d'incroyable.. Pas de singe, un brouillard Normand (ils apprécieront) à ne pas y voir à 10 mètres, et personne... Des marches... toujours des marches... Il était grand temps d'aller retrouver notre Grand Bouddha, et de lui demander ce que nous avions bien pu faire pour mériter tout cela.





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Jour 7:
La fatigue commence à vraiment se faire sentir. Pas grave, on continue... On verra notre grand Bouddha, malgré les marches que l'on appréhende déjà. Il faut dire que ce matin, il a d'abord fallu descendre 3 marches pour sortir de l'hôtel et qu'elles nous ont tué. Bref, Leshan pour nous, c'était : Oh le beau bouddha, roo encore des marches, et.. j'ai mal aux mollets. Un très bon repas ce soir là, qui nous a redonné l'envie. Le problème c'est qu'après minuit, en dehors des quelques mégapoles chinoises, bah ya plue rien. Mais quand on dit rien, c'est rien. Retour à l'hôtel donc.. On avait dit road trip, ce sera road trip.

Jour 8:
Pour finir, les pandas, animal adulé s'il en est. C'est quand même étrange. Jamais je n'ai vu une espèce aussi inadaptée. Mignons ces pandas, certes. Mais complètement inadaptés: ils mangent des bambous mais ont des besoins énergétiques conséquents (on sait combien le bambou est énergétique), dorment dans les arbres, alors que leur dextérité n'est pas la plus merveilleusement développé dans le règne animal, et passent leur temps à dormir lorsqu'ils ont bien mangé.





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Bon, ils sont mignons, quand même...

Voilà, j'espère que ce long compte rendu vous aura donné envie de découvrir cette région. De mon côté, je pense que la prochaine région de Chine sera le Yunnan, en passant peut être par la route sichuan Tibet qui permet de passer par les routes les plus dangereuses (et aussi spectaculaires quand même) au monde. D'ici là, ce sera peut être un long silence...

4 commentaires:

Anonyme a dit…

superbe mon grand. Les images du lac bleu dont étonnantes.
Attention à ton passeport.
Ton père

Unknown a dit…

Je peux pas voir les photos d'ici mais ça doit être magnifique!
Attention ne critique pas les pandas... c'est trop meugnon ces nounours :)
J'espère que tout va bien, en tout cas ça a l'air !
Des bisous

Anonyme a dit…

Bon voyage et arrive vite à Paris ta Maman attend. Bisous et bon anniversaire avec ta Filleule

Gesi

Anonyme a dit…

Ben OUI, Tu nous (moi en tout cas) auras donné envie de connaitre cette région ! Merci pour les photos.

Take care !

Diane