jeudi 10 mai 2007

Himalaya, Darjeeling, Népal, Mumbai, vu par les parents

Comme promis, après cette escapade au coeur de l'himalaya, les parents prennent leur plume et livrent leurs impressions...

- Aller "simple" Metz - Darjeeling Prendre le train à 15h50 pour arriver à Paris vers 19h30 (c'était avant la mise en service du TGV...)
- Nuit à Paris décoller le lendemain de Roissy à 10h00
- se poser à Mumbai (eh ! oui, Bombay a changé de nom) vers 23h00 avec un peu de retard Air France
- se rendre à l'hôtel (avec un taxi de l'hôtel fort agréablement prévu par notreTO - tour operator, Patrick) : 1/2 nuit à Mumbai
- décoller le lendemain de Mumbay à 08h00 vers Kolkotta (oui, Calcutta a changé de nom) pour deux heures de vol
- décoller de Kolkotta à 14h00 vers Bagdogra pour une heure de vol
- louer un véhicule avec chauffeur pour se rendre à Darjeeling en 3 heures (les talents de négociation sont appréciés)
- Arriver vers 19h30 à Darjeeling
- Rechercher l'hôtel choisi par notre TO et poser ses valises pour 4 nuits.


OUF! malgré de bonnes conditions, peu de retard, et une voiture offrant un"certain" confort !

"Slow & steady wins the race !"
ou Les routes dans le Bengale Ouest : un lieu de vie !

Entre Bagdogra et Siliguri (20 km ?) : la plaine. Nous sommes assaillis par le bruit, le grouillement des Indiens à pied, à bicyclette, en ricksha (tricycle avec chauffeur et 2 ou 3 places à louer - voire plus), en autoricksha (le même, motorisé et polluant), en voiture légère, plus importante, en jeep en... Tout au long de la route se succèdent "maisons" et "magasins", nous faisons le tour de quelques chèvres et vaches...

Après Siliguri : 70 km de montée ferme et régulière (ou sans relâche) pour atteindre l'altitude de 2100 m. Cette route est créée sur le flanc des montagnesqui constituent le contrefort de la chaîne himalayenne, soit des montagnes très abruptes, et les ravins de quelques (comme 2, mais plutôt 4, voire 6) centaines de mètres sont omniprésents. L'espace sur lequel se situe la route fait en moyenne 5 m de large, mais permet aussi au train qui parcourt Siliguri -Darjeeling d'escalader la montagne, en traversant environ 200 fois la route (qui envisage des passages à niveau ???). Cet espace est aussi le lieu de vie des villages que nous traversons : en général un village est constitué d'une rangée de maison côté ravin, et d'une autre côté montagne. Côté montagne un ou deux étages quand l'espace est un peu plus large que la moyenne ; côté ravin : un étage apparent côté route, mais soutenu par les pilotis dans la pente qui permettent de créer quelques étages en dessous (1 à 10 selon la pente). Les maisons sont petites, les magasins sont tout aussi collés à la route et donc, les courses se font sur la route, la vaisselle se fait sur la route, les travaux se font sur la route (ex : le béton pour les maisons en construction ou le goudron pour réparer les éboulements de la route) se font sur la route, les matériaux (pierres, rails, tuyaux...) sont entreposés sur la route, les animaux, les enfants... vivent sur la route. Il suffit au chauffeur de se faufiler dans ce chaos, avec patience et bonne humeur, en utilisant son klaxon. Le klaxon est d'ailleurs indispensable : pour saluer les passants ou les connaissances, pour signaler sa présence ou sa volonté de doubler à un autre conducteur (qui nous laisse alors passer : si ! si !), pour signaler une difficulté, etc... Et il suffit au touriste fraîchement débarqué de France de faire confiance à son chauffeur, qui a les mesures de son véhicule dans l’œil au cm près (en fait plutôt au 1/2 cm près) et frôle enfants comme ravins sans ciller, toujours en souriant et en discutant...

La route est abondamment égayée de nids de poule, la chaussée a tendance à s'écrouler de temps en temps, mais compte tenu de sa proximité avec le ravin,c'est bien normal. Elle sera réparée, un jour, alors pas besoin de signaler la difficulté. mais de nombreux panneaux de signalisation rappelle aux conducteurs que "go slow, sinking / congested area ahead" ou "Safety first, speed next".

Le couché du soleil s'observe autour de 18h15... et notre chauffeur économise (ou croit économiser) son carburant : au sous-régime observé depuis le début dela montée s'ajoute l'économie des feux de croisement, allumés uniquement à l'approche d'un autre véhicule au détour d'une épingle à cheveux.

Darjeeling, ses montagnes et ses plantations de thé
Darjeeling est une station grouillante de vie, un peu dépassée par l'afflux detouristes de toute l'Inde, de l'Asie, voire d'un peu plus loin. La circulation routière est quasi impossible, l'eau manque (mais la montagne en regorge, et la distribution se fait de façon anarchique par des milliers de conduits individuels et sources de fuites)... Mais charmante. La population est surtout d'origine tibétaine ou népalaise et regarde parfois de haut les "Indiens de la plaine", jugés bruyants et sans gêne. Il y fait bon : la température a varié entre 10 et 25 ° C.


Elle présente un grand nombre d'attractions. Celle que nous avons préféré : un trek d'une journée à la frontière du Népal entre 2400 m(village de Dotray) et 3070 m (sommet du Tonglu) et ferme de Tumling à 2980 m, en vue du 3° sommet de l'Himalaya, le Kangchendzonga, 8598 m. Des paysages dehautes montagnes françaises, avec une flore de moyenne montagne, du calme, des refuges de montagnes charmants et très propres, avec des hôtes accueillants, même s'ils ne parlaient pas anglais.Le guide est indispensable, pour parer le problème de la langue mais aussi parceque les cartes sont rares et particulièrement imprécises : les courbes de niveau sont rarement indiquées...









Le nôtre était Santosh Jamang - email : nickydoma@yahoo.com il a su répondre à notre demande, et s'est montré fort sympathique. Il organise aussi des journées rafting. C'est dit : nous y retournerons pour un trek de plusieurs jours. D'autant qu'il paraît que le temps est beaucoup plus clair au mois d'octobre et que l'on peutvoir les plus hauts sommets de la chaîne et y admirer des levers de soleil incomparables...

Nous avons aussi admiré les femmes cueillant le thé à flanc de montagne et la plantation Makaibari ( slg_rajah@sancharnet.in), qui exporte du thé de Darjeeling un peu partout en Europe (au cours de la visite nous avons reconnu un emballage "Monoprix"), et en particulier le thé argenté (uniquement les bourgeons de l'arbuste, triés à la main), vendus 400 € le kilo... La plantation était aux normes ISO 9001...










Mumbai, un sentiment partagé
A cette époque de l'année et pour un séjour de 2 nuits, un hôtel avec climatisation est indispensable. Et une sieste entre 12h et 15h fortement recommandée. Sur l'insistance de notre TO, nous avons pris le train (équivalent de notre RER) pour le rejoindre à la fin de sa journée de travail.
C'est effectivement une expérience : la densité humaine, les portes toujours ouvertes qui permettent dese tenir moitié dans le train, moitié à l'extérieur (places très convoitées car elles permettent un peu de fraîcheur, et évitent de rester coincé lorsque le moment de descendre est arrivé), les clients assis sur les toits des trains... Le train permet aussi un bon coup d’œil sur la ville, sa diversité et ses bidonvilles, que nous n'avons pas souhaité approcher de plus près. Sur 19 ou 24millions d'habitants (selon les informations disponibles), 9 millions vivraient dans ces espaces. Nous avons donc constaté la surpopulation, la pauvreté, vu les enfants mendiants, les familles dormant dans la rue, l'ignorance de toute base écologique.

Nous avons aussi constaté la gentillesse des habitants, leur désir de nous aider, leur sourire... Nous avons apprécié les marchés, le temple - cavehindouiste du VI° siècle sur l'île d'Elephanta, le port de pêche et sa criée, les "beaux quartiers".
En conclusion, Nous avons passé une semaine en Inde. Notre objectif était d'abord d'y rencontrer notre fils, exilé pendant 6 mois. C'est la seule justification d'un séjour aussi court...Le prochain (car il y aura un prochain) sera plus long, et évitera autant que faire se peut les grandes agglomérations. En plus de souvenirs d'ordre touristique, nous ramenons quelques éléments géopolitiques, culturels, idéologiques, et quelques inquiétudes. Mais nous avons aussi ramené des moulins à prières...

ce que nous avons aimé : la gentillesse et la patience des Indiens, la nourriture, la beauté des paysages de l'Himalaya, les repas dans les refuges de montagne, les couleurs de darjelling.

ce que nous avons moins aimé : devoir discuter les prix en permanence, la pollution à Mumbai, la chaleur étouffante, la tourista finale...

ce qui craint un maximum : le tableau électrique du marché de Bombay, indescriptible et qui pousserait au suicide nos préventionnistes et nos assureurs, un enchevêtrement impossible de fils électriques avec des branchements pirates et improbables sur du matériel désuet...

ce qui nous choque : l'extrême misère à Bombay qui cotoit le luxe le plus criant. L'absence totale de conscience écologique : comment continuer à trier ses déchets quant 1 milliard d'Indiens jètent tout à la mer...?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

coucou

Anonyme a dit…

j'ai fait un test avec coucou. Superbes photos des femmes à la cueillette. Les photos ont tendance à se chevaucher sur le Blog.

Anonyme a dit…

Coucou,

Je suis une amie d'enfance de Danièle, j'ai visité ton blog et je trouve tes commentaires sur l'Inde ainsi que les récits de tes parents très enrichissants et parfois très drôles et il y a des photos superbes.
C'est un peu dommage que je n'ai pas pu agrandir quelques photos.
Merci de m'avoir fait rêver.
Bonne continuation